Le brasier – Charlotte Attry

Un récit littéraire poignant sur le deuil, l’amour et la reconstruction.
Publication : 7 octobre 2026 – Éditions du Rocher

Clara et Simon s’aiment depuis l’adolescence. Après dix annĂ©es ensemble, la naissance de leur premier enfant devait consacrer leur histoire. Mais leur fils, Paul, meurt six jours après l’accouchement, emportant avec lui toutes les promesses d’avenir.

Terrassés, ils avancent au milieu des cendres : sidération, colère, culpabilité… Une question s’impose : comment continuer à s’aimer ?

Le Brasier raconte l’amour Ă  l’épreuve de l’inimaginable. Ce qui reste quand tout s’effondre. Les corps. Les silences. Mais aussi l’espoir.

Le livre explore le corps vidé, le couple vacillant, les maladresses des proches, l’absurdité administrative, la violence des souvenirs et la nécessité, malgré tout, de continuer à vivre.

Un récit puissant, incarné et sensoriel, autant sur la perte que sur la renaissance. Sur l’effondrement autant que sur la reconstruction.

Auteur : Charlotte Attry
Éditeur : Éditions du Rocher
Nombre de pages : 240
Format : 14,00 x 20,50 cm
EAN : 9782268113869
ISBN : 2268113868
Date de parution : 07/10/2026

Thèmes du livre :

  • L’amour face Ă  l’Ă©preuve
  • Le deuil pĂ©rinatal
  • La crise de couple
  • La rĂ©silience
  • La maternitĂ©

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Le mot de l’auteure

“ Pourquoi raconter la mort de mon premier fils, Paul, six jours après sa naissance ? Pourquoi Ă©crire un livre nĂ© de cette Ă©preuve si intime ? Pour rendre hommage Ă  Paul ? Pour qu’il prolonge ses jours dans ces pages et rencontre le cĹ“ur des lecteurs ? Pour briser le tabou du deuil pĂ©rinatal et rompre l’isolement des parents ? Pour dire le corps qui se vide, la dĂ©flagration qui fracture le temps et la rĂ©alitĂ© des couples et des familles que ce drame fait vaciller ? Pour rendre leur place aux pères, Ă  leur douleur, souvent silencieuse ? Pour remercier JĂ©rĂ©mie, qui a traversĂ© ce brasier Ă  mes cĂ´tĂ©s et prĂŞtĂ© ses traits Ă  Simon ? Pour livrer ma part de vĂ©ritĂ© et faire du pire un texte d’amour ? Pour laisser entrer, malgrĂ© tout, l’espoir ? La lumière ? Sa lumière ?
Sans doute pour tout cela à la fois. Et pour tant d’autres raisons encore…
Ce livre était inévitable. Nécessaire.
Vital.”

La bande-son du Brasier

Voici les morceaux qui traversent le livre. Des mĂ©lodies, des voix qui baignent l’univers des personnages et les accompagnent au fil des pages. Aujourd’hui, elles rĂ©sonnent autrement…

Les coulisses du Brasier

Des premières lignes au bon Ă  tirer… Cinq annĂ©es de rĂ©flexion et d’écriture. Dix Ă©pisodes pour retracer cette aventure.

Automne 2020 ⎮ Le podcast Ă  l’origine du roman

Dix ans après la mort de Paul, je vis en Californie avec ma famille lorsque je suis invitĂ©e Ă  livrer mon histoire dans le podcast Derrière les sourires. J’hĂ©site longtemps, mais finis par accepter. C’est un choc. Je rĂ©alise Ă  quel point ce drame m’a transformĂ©e, Ă  quel point je me sens toujours « amputĂ©e ». Puis vient le dĂ©luge de messages. Et d’amour. Des parents, des infirmières, des sages-femmes, des proches, des inconnus. Des centaines de remerciements. De tĂ©moignages. Après avoir Ă©coutĂ© le podcast, mon ami Boris me dit : « Il est lĂ , ton premier roman… Et si tu m’aimes, tu vas m’Ă©crire un chapitre pour mon anniversaire. » Ă€ l’Ă©poque, je travaille sur un autre projet. Mais ses mots cheminent… Quelques semaines plus tard, je lui envoie les premiers mots de ce qui deviendra Le Brasier.

2021 ⎮Un fichier nommé Paul

Je remonte le temps. J’ouvre les carnets et y retrouve les lettres Ă©crites Ă  Paul depuis sa mort. Je regarde les rares photos de lui, les quelques secondes de film, l’album de grossesse. Je relis l’acte de naissance, le discours des obsèques. Et je me demande : comment le raconter ? Comment laisser mes tripes guider ma plume, moi qui ai l’habitude d’écrire pour informer dans les mĂ©dias.
Je fais la promotion d’un guide sur la mĂ©nopause et finalise la rĂ©daction d’un deuxième ouvrage sur le syndrome du nid vide. J’ai peu de temps libre, mais je pense de plus en plus Ă  cette idĂ©e. Ă€ la fin de l’annĂ©e, elle ne me quitte plus. Je rassemble mes documents, mes notes. Je crĂ©e un fichier : Paul.

2022 ⎮ Faire de la place

La vie. Des soucis de santĂ©, entre autres rĂ©jouissances… Mon projet stagne en bas de la liste des prioritĂ©s. Dans le tumulte du quotidien, je ne parviens pas Ă  me crĂ©er une bulle pour avancer. Toute l’annĂ©e, la frustration couve. Elle atteint son comble Ă  l’automne. J’ai bien tentĂ© de me lever aux aurores (Ă©chec), de me mettre Ă  Ă©crire Ă  minuit (re-Ă©chec) ou de profiter de « temps calmes » en journĂ©e (toujours interrompue et dĂ©rangĂ©e : re-re-re-Ă©chec). Je prends alors une rĂ©solution : sanctuariser une demi-journĂ©e par semaine dans un espace dĂ©diĂ© Ă  l’écriture. Comme si, partout ailleurs, mes rĂ´les de mère, d’épouse, d’amie et de journaliste m’en empĂŞchaient. C’est le dĂ©but d’un long apprentissage : m’autoriser Ă  Ă©crire autre chose qu’un article ou un reportage…

Début 2023 ⎮ De soi à la fiction

J’écris dans un parfait désordre. Je déblaie ma conscience pour accéder à ses pans cachés et à ce que j’ai enfoui. Des souvenirs précis remontent. Essentiels. Je les dépose sur le papier et noircis de nouveaux carnets. Les premiers chapitres naissent de ces bribes, sans que je sache encore quelle forme leur donner. Assez vite, j’atteins une limite : sous ma véritable identité, je bloque. Je sens que j’arrange la réalité, que je retiens mes émotions… Je comprends que ce sont précisément ces émotions que je dois explorer. Qu’elles portent l’histoire. Je change les prénoms — seul Paul gardera le sien — et décide de puiser dans mon vécu pour raconter l’intimité d’un couple confronté à la mort de son nouveau-né. Je prends de la distance. Les verrous sautent.

Printemps-automne 2023 ⎮ « Le joli, on s’en fout ! »

En parallèle de l’espace de coworking, je m’inscris à un atelier d’écriture avec une amie : Objectif Manuscrit, proposé par l’école Les Mots. Côté style, c’est un tournant. Oui, pas de souci, je sais écrire. Ça fonctionne bien. Mais l’auteur Denis xxx m’invite à aller plus loin. À creuser. Sous mes mots, il perçoit quelque chose de plus brut, plus viscéral.  «  La jolie plume, on s’en fout ! » Pendant plusieurs mois, je travaille donc à faire émerger cette part-là. J’expérimente, m’affranchis de certains codes et trouve peu à peu le ton de la narratrice. Celui du Brasier.

Hiver 2023 ⎮ Tresser le temps

Alors que j’ai cinq ou six chapitres dans mon dossier, je m’interroge sur la manière d’organiser la narration. Par où commencer ? Et où terminer ? Est-ce que je suis le fil chronologique des événements ? Hum… Non, parce qu’un deuil est morcelé. C’est tout sauf linéaire. Est-ce que ce couple se sépare comme le voudraient les statistiques ? Non ! Il reste ensemble. Comme nous. J’ai d’ailleurs envie que le lecteur rencontre les personnages avant le drame, ressente leur amour, le voie grandir… et se transformer. Voilà ce que je veux vraiment raconter : comment un deuil très particulier met à l’épreuve les sentiments d’un couple. L’idée d’allers-retours dans le temps s’impose. Elle s’accorde bien avec la brièveté des chapitres, que je conçois comme des instantanés. Des dizaines d’essais plus tard, je tiens ma forme : une tresse narrative. Avant la naissance, la semaine de la naissance, après la naissance. Ces temporalités s’entrelacent et se répondent.

Hiver 2024 ⎮ Puzzle et persévérance

J’écris, j’écris, j’écris. Les pièces s’imbriquent. Je relis, je relis, je relis. Je laisse de côté certains passages, en déplace, en crée de nouveaux. N’était-ce pas me compliquer la tâche que de construire l’histoire en trois temporalités ? Tant pis, je poursuis. J’écris, j’écris, j’écris. En grappillant des minutes. Je relis, je relis, je relis. En camping, entre deux rendez-vous, sur les terrains de foot… Je suis parfois (souvent) pétrie de doutes. Lorsque le syndrome de l’imposteur surgit, que je veux tout lâcher ou tout recommencer, je m’accroche aux messages reçus après le podcast. « Continue pour les autres parents… »
Écrire un livre, c’est voyager en solitaire. On se confronte à ses silences. À ses peurs. À ses questions existentielles. Une expédition qui exige de s’apprivoiser, de se discipliner et de ne pas compter ses heures… Sous peine d’abandonner en chemin.

Été 2024 ⎮ Première version… d’une longue série !

Je boucle une V1 complète. Sachant que certains chapitres comptent jusqu’à 15 versions différentes ! Il faut dire qu’au fil des ans, ma plume s’est affirmée et que j’ai la fâcheuse tendance à repriser mes textes… Mais je ne suis pas au bout de l’exercice. Loin de là. Je sais d’expérience que la foule de détails « de la fin » prend un temps infini. Bref, je traque les répétitions disgracieuses — et involontaires —, les incohérences et les inexactitudes. Je vérifie les dates, la logique du récit, la justesse des temps et des mots. Le dictionnaire devient mon meilleur ami. En parallèle, les premiers regards de confiance se posent sur le manuscrit.

2025 ⎮ Peaufiner, puis lâcher le manuscrit

Une relectrice principale (Sophie, reconnaissance éternelle), ainsi que plusieurs proches, dont mon cher et tendre, me permettent d’affiner encore le texte. Je reprends, raccourcis et tends la narration. Mes week-ends, eux aussi, se tendent et raccourcissent ! En juillet, j’y consacre mes vacances et rentre en solo pour en finir… Je me lève tôt, me couche à pas d’heure. Je ne mange que des tartines, je relis jusqu’à n’y plus voir clair. Je pourrais retoucher le manuscrit jusqu’à en perdre la raison… Stop. Savoir s’arrêter. Et pouvoir réciter 200 pages presque par cœur, c’est un signe ! Il est temps de voir si ce récit peut vivre sans moi… En octobre, je l’envoie à une dizaine de maisons d’édition. Mais tel un plongeur remonté sans palier de décompression, je prends de plein fouet le retour à la réalité. Je respire mal. J’ai mal. Plusieurs éditeurs me répondent pourtant. Mais c’est une discussion avec une éditrice du Rocher qui accélère les choses et me redonne de l’air.

2026 ⎮Le BAT ! Enfin…

Les mots qu’elle choisit, la sensibilité qui traverse le timbre de sa voix et la franchise de ses idées me touchent en quelques minutes. En mars, je signe un contrat. Je lui transmets ma dernière version, revisitée bien sûr ! Il ne se passe pas grand-chose jusqu’en mai lorsque la température monte d’un seul coup. Je reçois les annotations de mon éditrice et d’une correctrice. À moi d’y répondre. À chaque nouvel aller-retour, je pense que c’est le dernier ! Non, non, toujours pas ! Il faut également penser à la couverture (qui fera l’objet d’un épisode bonus entier !), à la quatrième de couverture, aux remerciements… J’arrive en France. Vacances… « Débranche ! » ? Penses-tu ! Dans une ambiance caniculaire, je rencontre mon éditrice à Paris et nous poursuivons le travail. Un week-end, ça ressemble à quoi ?! Une seconde correctrice repasse sur le texte. Retours précieux. On croit connaître son manuscrit sur le bout des neurones, mais le cerveau ne voit plus vraiment, au bord de l’écœurement. Je pousse encore. Dans le train, en voiture, entre deux lieux de villégiature. Fin juillet, je reçois le fameux BAT : Bon à tirer. Il nous faudra encore quelques allers-retours avant la validation finale. Le lundi 27 juillet, à 8 h 50 en Californie, le BAT est confirmé. Mon premier roman prend son envol.

Et la suite de l’histoire, c’est vous qui l’écrirez…